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Le Hatha Yoga,
de Krishnamacharya
     

   
 

Le HATHA YOGA
et l'enseignement de KRISHNAMACHARYA

 

 

"Entre corps et esprit existe une interaction constante,
aussi ni les postures seules ni la méditation seule ne suffisent-elles, il faut pour prendre soin d'un système aussi complet et complexe que l'être humain un système complet et complexe comme le yoga..."

Krishnamacharya

 

 

 

Yvonne Millerand pratiquant les asana
avec Krishnamacharya

 

 

 

 

Dans la région du coeur
Il y a un lotus à huit pétales :
au centre de ce lotus
est un cercle
de dimension microscopique
où se trouve l'âme individuelle
qui est lumière.


Dyâna Upaniçad
(La méditation parfaite)
Traduction Jean Varenne

 

 

 

 

 

Krishamacharya faisant la respiration Shitali
("la rafraîchissante")

 

 

 

"La manière dont T.Krishnamacharya enseignait le yoga embrasse tous les aspects de notre existence...A travers l'exemple de sa propre vie, il a redonné vie au message des anciens maîtres pour lesquels le yoga était un système de guérison holistique qui améliore notre manière de vivre..."

K. Desikachar

Nombreuses sont les définitions du Hatha-Yoga, discipline née en Inde avant notre ère. Une des définitions donnée par Krishnamacharya est particulièrement intéressante :

"Le but véritable et ultime du Yoga est de connaître qui je suis et ce que je suis"
(Congrès international de Zinal, 1973)

La technique employée est de se servir de son corps et du souffle afin d'agir sur les trois plans de l'être :

PHYSIQUE : amélioration des fonctions vitales, connaissance de ses possibilités.

MENTAL : apaisement de tensions psychiques

SPIRITUEL : ouverture à une autre dimension

 

L'élève débutant apprend à observer, organiser sa respiration, pratiquer des postures simples, se détendre.
Progressivement, il remarque les sensations émises par son corps afin de doser son action selon ses possibilités.

Krishnamacharya a insisté sur la notion d'ajustement des postures (variations, intensification ou adoucissement).
"C'est le yoga qui s'adapte à l'élève et non l'élève qui s'adapte au Yoga"
Cette notion sous-entend que le Yoga est ouvert à tous, le seul critère de départ : avoir envie d'essayer.

L'élève plus entraîné a pris goût à l'observation, connaît de mieux en mieux ses possibilités et ses obstacles, contrôle sa respiration.

Un des points spécifiques de l'enseignement de Krishnamacharya est la pratique de respirations profondes, lentes et régulières pendant le travail postural.
Maintenir un rythme de deux échanges (inspiration, arrêt poumons pleins, expiration, arrêt poumons vides) par minute demande une attention constante.
Il n'y a plus de place pour les pensées parasites, l'esprit se vide de ses préoccupations.
C'est un état de concentration.

Le corps a été activé, la posture assise, dos droit, peut être acceptée sans impatience, et sa suite naturelle, la méditation, s'installe à la fin du cours pour ceux qui le désirent.

La recherche de mieux-être, de tonification, de détente, est déjà présente dans les premiers pas du Yoga. En continuant la route, le véritable travail se met en place, au rythme de chacun : celui d'une recherche personnelle amenant à une meilleure connaissance de soi, sur la voie de l'autonomie.

 

"le Yoga est une grâce divine offerte à l'humanité
comme moyen d'atteindre le Très Haut"
Krishnamacharya

 



Krishnamacharya, par Yvonne Millerand

Plus qu'un enseignant, le Professeur Krishnamacharya était un Maître, un "Guru" au sens traditionnel du terme : celui qui dissipe l'obscurité.

IL naquit en 1898 et son père, un grand Maître religieux, fut son premier instructeur ; il l'envoya poursuivre ses études à l'Université pour s'initier au sanskrit, à la philosphie du Vedanta et du Samkhya.

A la suite d'études brillantes à Calcutta, Mysore, entre autres, il parlait couramment sept langues dont le sanskrit qu'il maîtrisait à la perfection. Son érudition était impressionnante. Il aurait pu obtenir aisément une chaire de philosophie ou de théologie mais sa recherche personnelle l'amena à s'intéresser au Yoga.

Il partit au Tibet auprès d'un très grand Maître, le Yogin "RAMA MOHAN BRAHMACHARI".
Il y demeura sept ans et demi, puis revint en Inde sur le conseil de son Guru pour enseigner le Yoga et fonder une famille.

Sa célébrité vite établie, atteignit le Maharadja de Mysore dont il devint le professeur, le conseiller et l'ami durant plusieurs années.

Sa destinée le conduisit ensuite à Madras où sa réputation ne fit que grandir.

La compréhension, l'ouverture d'esprit de Krishnamacharya faisaient de lui un précurseur dans une société indienne traditionnelle ; il n'hésitait pas à bouleverser les conceptions les plus ancrées par ses dires et par ses actes; il a rejeté certaines parties d'anciens textes traitant du Yoga comme étant dépassées et même dangereuses. En acceptant le changement, il a fait preuve d'une lucidité exceptionnelle, en particulier vis à vis des femmes. "La gent féminine est supérieure car elle créé et engendre. Je considère que ce n'est pas pour elle un droit mais un devoir de pratiquer le Yoga".

Son enseignement a évolué au cours des années. En alliant les postures à la respiration profonde pour parvenir à la Méditation, il a structuré des éléments cultivés séparément jusque là. Cette œuvre magistrale est étayée par les aphorismes de PATANJALI dont la finalité est de découvrir "le Témoin" en soi, l'étincelle spirituelle qui anime tous les êtres.

Sa psychologie profonde lui permettait de déceler au premier regard les motivations ou les besoins de ceux qui l'approchaient. Sa perspicacité, sa force intérieure étaient éprouvées comme un choc magnétique; son regard intense semblait pénétrer l'être tout entier comme une flamme purifiante.
Il est impossible d'oublier le sentiment d'admiration, de respect et de grandeur éprouvé en sa présence.

Loin d'imposer ses convictions religieuses et les techniques s'y rattachant, il incitait ses élèves à puiser un équivalent dans leur propre culture en refusant de les indianiser. Par exemple à la question : "Pensez-vous que pour se rapprocher de DIEU, le contexte occidental est aussi favorable que le contexte oriental ?" il répondit :
"Il n'y a aucune différence. Il n'est nul besoin d'un "Mantra" (formule sacrée) pour atteindre le Seigneur ; toute méthode quelle que soit la langue employée est valable, pourvu que la concentration soit présente".

Krishnamacharya a toujours refusé d'être honoré en tant que personne ; les hommages devaient être rendus à son "Guru" ou au "Seigneur" qui l'inspirait et lui permettait de transmettre le savoir qu'il avait accumulé.

La force de cohésion de ses talents était un immense amour pour les êtres.

Krishnamacharya a vu fêter son centenaire par ses disciples le 28 novembre 1988.
Il quitta ce monde le 18 février 1989.

 

 

Livre et publication :

VINIYOGA n°24 - dec 1989 : Sri T.Krishnamacharya, la traversée d'un siècle
Le Yoga du Yogi, l'Héritage de T.Krishnamacharya, Kausthub Desikachar, éditions ÂGAMÂT